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samedi 21 février 2026

Guido Guidi

 "Pour moi, l'idée de travailler avec la netteté et la précision du grand format était fondamentale. [...] Je voulais que, sur mes photographies, un caillou soit un simple caillou, un brin d'herbe un simple brin d'herbe, jamais altéré par le manque de détail. J'estimais que prendre une photographie était une forme de prière, une manière de conférer aux choses de la dignité, de la présence, de même que Strand, Weston et Atget nous présentent des personnes ou des maisons. Ces vieux maîtres, que j'ai aimés, m'ont beaucoup aidé : en me mettant à leur place, j'ai appris à trouver ma propre voie."

"Durant les années 1980, Guido Guidi utilise de plus en plus fréquemment un appareil moyen format et se lance dans une exploration plus systématique du langage de la couleur. La couleur lui permet en effet d'intensifier et de préciser le dialogue avec l'histoire de la peinture tout en l'obligeant à affronter plus directement la diversité chaotique des signes du paysage contemporain et notamment des zones intermédiaires.

Le recours à la chambre photographique répond à un double besoin : un contrôle minutieux de ses cadrages et une recherche de la lenteur. La prise de vue acquiert ainsi une dimension performative, au sens où l'acte même de photographier fait partie intégrante du processus."














Col Tempo

"En accordant une importance égale au banal et au monumental, aux détails négligés comme aux formes établies, [Guidi] va ainsi affirmer pas à pas une position radicale, au point d'être reconnu aujourd'hui, par ses pairs, comme une référence dans l'histoire du médium.
Pour Guidi, "la relation avec ce que l'on regarde, la performance de la rencontre, est essentielle". Explorer cette relation, c'est aussi envisager la photographie comme une "note", un humble "griffonnage", une "tentative". Il affirme ainsi son rejet de toute complaisance envers l'image unique et l'oeuvre parfaite. Pour lui, "résoudre" une image, c'est tenter de concilier à la fois une réflexion sur la primauté de l'expérience du voir, sur la spécificité du médium qui l'enregistre et sur l'écoulement du temps. Il précise : "Je pense à une photographie entendue comme un processus de connaissance - je ne crois pas au résultat définitif - il n'existe que des étapes. Au fil de prises de vue quotidiennes, non strictement typologiques ni sérielles, va se constituer peu à peu une poétique du regard : une accumulation de points de vue, de variantes et de découvertes, d'allées et venues, de répétitions, de hasards et d'insistances, loin de toute recherche d'artifice ou de virtuosité."
Commissariat Simona Antonacci, Pippo Ciorra et Antonello Frongia